Pour Noël, offrez Made in Paris

Pour Noël, offrez Made in Paris

Le « Made in France » ? Dépassé : il est temps d’opter pour le « Made in Paris ». Afin de valoriser le savoir-faire typiquement parisien, la Ville est même en passe de créer le label « Fabriqué à Paris ». À l’heure des listes de Noël, Soixante-Quinze est parti à la rencontre de ces créateurs qui ont fait le choix du local. Offrez sans polluer : des savons de Montreuil aux fromages de la Goutte d’Or en passant par les montres Bastille, un circuit garanti zéro empreinte carbone.

1 – Les montres Charlie Watch : The Parisian Touch

Adrien Sanglé-Ferrière et Ambroise Parlos, 28 et 30 ans, se sont rencontrés chez les scouts. Quinze ans plus tard, sur les bancs d’une école de commerce, ils créent Charlie Watch (3e arrondissement), la seule marque de montres entièrement assemblées à Paris et abordables. « Les montres sont modernes et classiques à la fois, précise Adrien. On voulait concevoir des montres qui plairaient à nos amis, et s’inspirer de Paris, des passants, de l’architecture. » Elles séduisent d’ailleurs Anne Hidalgo, maire de Paris, qui n’a pas manqué de féliciter, en 2014, les deux entrepreneurs pour leur « contribution au dynamisme de la ville ».

Charlie Watch, des montres assemblées à Paris

Les montres Charlie Watch : un savoir-faire minutieux


« Ma montre préférée s’appelle Bastille, elle sera mise en vente en décembre », annonce Adrien. 
Fabriquée dans leur atelier du 15e arrondissement, « elle est magnifique et légèrement plus massive que les autres. » La boutique (26, rue Pastourelle, 3e), au design sobre rappelant celui des montres, a été conçue par deux jeunes architectes, Hugues de Blignères et Paul Jacquet. Souvent présent au magasin pour conseiller le chaland, Adrien souligne : « Il était essentiel de s’installer dans le quartier de l’horlogerie, le Marais », fidèle au credo de Charlie Watch : jeunesse et désir de tradition ne s’opposent pas.

Charlie Watch
26, rue Pastourelle (3e arrondissement)
Tél. 0967411237
www.charliewatch.com
Montres à partir de 130 euros

2 – Les savons du Baigneur

Fabien Meaudre travaillait dans le Marais lorsqu’il décida de créer sa marque de cosmétiques hommes « made in Paris ». « Il fallait rafraîchir ce marché et casser ses clichés », justifie-t-il. Le trentenaire lance alors Le Baigneur, en 2011, avec l’aide d’un savonnier.

Le Baigneur : des savons parisiens

Le Baigneur : des savons parisiens

Depuis trois ans, il fabrique lui-même ses produits à Montreuil (93) et s’apprête à transférer son atelier rue de la Folie-Méricourt (11e). « Je vis dans cet arrondissement et j’adore ce quartier. Il y fait bon vivre et il y a du potentiel. » Pour Noël, Le Baigneur propose deux coffrets. Le premier (49 euros) contient un savon, une huile pour la peau prune-noisette et une brosse en poil de sanglier. Le second, à 39 euros, est conçu pour les voyages. « Je me fournis en huile végétale locale pour mes produits, auxquels j’incorpore aussi des parfums plus exotiques. Tout est bio », explique Fabien Meaudre.

Le Baigneur
35, rue des Trois-Bornes (11e arrondissement)
www.lebaigneur.fr
Coffrets à partir de 39 euros

3 – Les bijoux Monsieur

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Les bijoux Monsieur, dans le 3e arrondissement

Pour de beaux bijoux destinés aux femmes fabriqués dans la capitale et à prix raisonnables, Monsieur Paris (3e arrondissement) offre un bon compromis. La marque a été créée par Nadia Azoug en 2010. Originaire de Kabylie, elle est arrivée à Paris à l’âge de 7 ans. Le péché mignon de cette sociologue de formation, passée par les ressources humaines et l’édition : observer la vie et les gens dans le métro. Amoureuse de la capitale et de sa diversité, la créatrice met donc un point d’honneur à mettre en avant les savoir-faire parisiens. Les bijoux sont tous façonnés dans l’atelier de la rue Charlot (3e) et les autres corps de métiers sollicités (graveurs, doreurs…) sont à Paris ou en proche banlieue. Monsieur Paris propose des collections intemporelles, pour le quotidien, et des bijoux plus originaux. Ils sont conçus pour des femmes de toute génération.

Monsieur Paris
53, rue Charlot (3e arrondissement)
Tél. 01 42 71 12 65
www.monsieur-paris.com
Bijoux à partir de 100 euros

4 – « Le jeu aux mille titres » : Un plateau ludique pour fabriquer des souvenirs

C’est dans ce bar à jeux du 13 arrondissement, l’Oya Café – qui porte le nom de son éditeur – qu’est né, cette année, Le Jeu aux mille titres. Son inventeur, Patrick R., alias Pampuk, 53 ans, a été le premier à ouvrir dans la capitale, en 1995, ce bar d’un autre genre. Le décor de l’Oya café, aux allures de pub irlandais chaleureux et tamisé, séduit l’adulte et attire sa progéniture, dès 5 ans, grâce à ses murs recouverts de jeux. Ils ont été accumulés au fil des ans par le maître des lieux. Dans la vaste salle, l’amateur peut s’amuser à l’un des multiples coffrets récréatifs en sirotant une boisson. Le tout pour 6 euros.

Le Jeu aux mille titres peut réunir deux à six personnes. Présenté sous la forme d’un plateau richement illustré représentant les lieux emblématiques d’une ville (mairie, poste, église, commerces…), ce dernier repose sur l’imagination et la mémoire. À l’aide de cartes – d’abord retournées – représentant des personnages isolés (patron, danseur, boucher…), le but est de retrouver, grâce à des histoires inventées progressivement par les joueurs, l’emplacement des cartes sur le plateau et de reconstituer des couples (le patron et la patronne, le danseur et la danseuse, le fou et la folle…). « C’est un prétexte pour fabriquer des souvenirs », explique Patrick, le créateur du jeu. « Les langues se délient au fil des parties », sourit-il, en caressant du regard son œuvre qui sera mise en vente au mois de décembre.

À l'Oya Café, Pampuk présente son "Jeu aux mille titres"

À l’Oya Café, Pampuk présente son « Jeu aux mille titres »

Loin d’être un simple jeu de mémoire, les unions aléatoires entre un lieu et un personnage invitent les joueurs à épancher leur imagination la plus loufoque et à faire évoluer les récits fantaisistes au fur et à mesure des parties. « À l’issue du jeu, les enfants ne disent pas ‘’J’ai gagné’’, ajoute Patrick. Ils racontent les histoires qu’ils ont ensemble élaborées. »
« Le jeu est utilisé dans les écoles, car il développe le vocabulaire et la grammaire. Mais il plaît aussi aux adultes, qui échafaudent des fables bien plus trash, souligne malicieusement le créateur. Après deux années passées à concevoir et dessiner le jeu, je suis fier du résultat. » À l’ingéniosité du concept s’ajoutent les couleurs des dessins vivants et bariolés de la street artist parisienne Inti Ansa.

À l’Oya Café coudoient familles, curieux, étudiants, collègues de travail et férus de jeux. On y a même vu un groupe de prêtres céder à la tentation. « Mais essayer un jeu, c’est accepter d’entrer dans un univers, et ils en étaient incapables », s’amuse Patrick. Lequel évoque sa passion, dont les racines plongent dans l’enfance : « Petit, j’empruntais des règles de jeux à la bibliothèque, j’étais fasciné. » Puis, lyrique : « Ces règles sont un concentré d’imagination, un mécanisme formidablement astucieux. Pour Mozart une partition était belle, même sans en avoir entendu la mélodie. Une règle du jeu, c’est pareil. »

Le Jeu aux mille titres, à L’Oya Café
25, rue de la Reine-Blanche (13e arrondissement)
Tél. 01 47 07 59 59
www.oya.fr
La boîte : 28 euros

5 – Mellipou : Des boîtes à musique cousues main

Ceci n’est pas un instrument de musique comme les autres. Fabriquée à Paris, dans le 10e arrondissement, cette boîte à musique, de la marque Mellipou, permettra au nourrisson
 de s’endormir au son de tubes actuels et passés. À l’instar de celui de Yann Tiersen (compositeur de
la B.O. d’Amélie Poulain) qui fait partie des huit titres actuellement proposés par la société. On le sait, à peine sorti du ventre maternel, le bébé du xxie siècle est déjà un as du numérique. Il pourra donc s’en donner à cœur joie dès ses premiers mois, grâce à un modèle connecté par Bluetooth offrant un choix infini de musiques. Les parents peuvent même personnaliser la boîte à musique de leur progéniture en faisant graver un prénom dessus.

Marie Valton confectionne des boîtes à musique modernes et cousues main

Marie Valton confectionne des boîtes à musique modernes et cousues main

Ces idées originales sont à mettre au crédit de Marie Valton. Cette ancienne danseuse a créé sa marque en 2008, fabriquant elle-même ses premières boîtes à musique, dont les formes en étoile et en nuage sont les plus prisées. « Je trouvais dommage que les enfants soient biberonnés aux mêmes berceuses et jamais aux musiques actuelles », raconte la créatrice, qui travaille à présent avec deux couturières et une chargée de communication, dans ses locaux du faubourg Saint-Martin (10e).

Les bureaux et l’atelier sont encombrés de cartons et de paperasse, car la petite entreprise se porte bien. « Nous sommes distribués un peu partout en France, en Europe et j’ai signé récemment avec un distributeur qui va nous permettre d’être présents dans le monde entier », explique cette brune filiforme, qui a conservé son physique de danseuse. À Paris, ses boîtes à musique cousues main et déclinées dans une centaine de modèles et de formes sont pour la plupart distribuées dans les grands magasins. Elle sont aussi disponibles sur le site Internet de la marque.

Mellipou
66, rue du Fbg-Saint-Martin (10e arrondissement)
Tél. 06 21 19 69 98
www.mellipou.com
À partir de 45 euros

6 – Koa Koa : Des kits pour apprentis créateurs

Une lampe torche électrique à construire soi-même, un petit bateau à voile en bois fragmenté qu’il faut reconstituer : Kim Goldstein, 43 ans, propose aux enfants de recevoir tous les mois dans leur boîte aux lettres un kit pour qu’ils fabriquent eux-mêmes leurs jouets. Pour la fondatrice de Koa Koa, petite entreprise de box créatives accessibles à partir de 5 ans, « fabriquer, c’est dans nos gènes ». Puisant dans une nature humaine immémoriale, Kim allie cette idée à des perspectives visionnaires : « La capacité à innover et à inventer seront les qualités phares du xxie siècle. »

Des lunettes à fabriquer soi-même qui permettent de voir comme les animaux

Des lunettes à fabriquer soi-même qui permettent de voir comme les animaux

Parmi les kits de cette start-up francilienne, installée au Pré-Saint- Gervais (93) depuis 2014, Kim a son favori, « des lunettes magiques qui permettent de se glisser dans la peau des animaux ». Après avoir assemblé les lunettes de ses propres mains, l’apprenti créateur peut les chausser et voir successivement comme un poisson, un insecte, une raie ou un aigle. « L’enfant expérimente ainsi
le caractère subjectif de la vision, souligne Kim. L’idée est originale, c’est un plaisir de les voir s’immerger totalement dans le jeu et s’imprégner de son imaginaire. »

L’idée de ce jeu résulte de ses interrogations de mère. « Au départ, je souhaitais acheter à mes enfants des jouets unisexes, avec lesquels ils pourraient être actifs, intelligents, raconte Kim. Je n’ai rien trouvé de satisfaisant, alors j’ai décidé de créer ce jeu moi-même, en faisant appel à un designer londonien de talent, Oscar Diaz. Avec mes box, j’ai voulu transmettre aux enfants cette joie de créer. »

Koa Koa
47, rue Charles-Nodier, Le Pré Saint-Gervais (93)
Tél. 06 09 25 19 02
www.koakoa.fr
Kit entre 12 et 35 euros

7 – La Laiterie de Paris : Fromages de la Goutte d’Or

Crtains quittent le gris des villes pour le vert des champs. Pierre Coulon, lui, a fait le chemin inverse. Cet ancien éleveur de Loire-Atlantique s’est lancé un pari un peu fou : produire le premier fromage parisien. Après quatre ans de réflexion et une belle campagne de crowdfunding, La Laiterie de Paris s’apprête à lever son rideau de fer dans le quartier de la Goutte-d’Or, dans le 18e arrondissement. Un petit magasin ouvert sur l’atelier de fabrication, où l’on peut observer le jeune patron revisitant le Saint-Félicien, ou façonnant un fromage affiné à la bière — celle de la Goutte-d’Or, bien sûr.

Au menu : une quarantaine de fromages locaux, fabriqués avec du lait normand ou breton. Quelques spécimens venus d’ailleurs et des produits faits maison (yaourts, riz au lait, confitures…) complètent joliment l’offre que Pierre Coulon souhaite éthique et transparente. Le prix de vente du lait, décidé par les éleveurs, est affiché en magasin au côté de leur nom ; et celui du produit est calculé au plus juste, afin de s’adapter à la clientèle de ce quartier populaire.

Promise à la certification bio, la gamme évoluera au gré des saisons et de l’humeur du fromager, qui n’hésitera pas à glisser quelques épices ou gouttes d’huiles essentielles dans ses préparations. Avec son brie au marron glacé et son fromage à la truffe, le plateau proposé en cette fin d’année devrait faire un bel effet.

La Laiterie de Paris
74, rue des Poissonniers (18e arrondissement)
www.kisskissbankbank.com/la-laiterie-de-paris
Ouverture le 8 décembre

8 – Le jambon Doumbéa : Dernière salaison de la capitale

Le jambon de Paris, c’est un peu comme les champignons du même nom : il fait partie intégrante du patrimoine culinaire de la capitale. Sauf que l’on ne sait guère où en trouver un « authentique » – sans se fier à l’appellation qui court sur certains produits de la grande distribution, qui ne correspond à aucune recette particulière. Le véritable jambon blanc de Paris en a pourtant bien une, que la dernière salaison de la capitale s’attache à préserver.

Un jambon appelé "Le prince de Paris" et estampillé d'une Tour Eiffel

Un jambon appelé « Le prince de Paris » et estampillé d’une Tour Eiffel

Doumbéa, petite entreprise artisanale dirigée par la famille Le Guel depuis 2005, aime à le rappeler : ici, le jambon – fabriqué à partir de porcs nés, élevés et abattus en France – est travaillé à la main, cuisse par cuisse et préparé à l’ancienne, avec une saumure composée de sel de Guérande et une décoction de légumes. Un savant bouillon dont la formule est gardée secrète et que l’on injecte dans l’artère pour mieux en imprégner toute la viande. Moulé et mis sous vide, le jambon cuit lentement (neuf heures) avant de refroidir une huitaine de jours durant. Pas d’assemblage de cuisses différentes, aucun malaxage, sans conservateur ni colorant – pour preuve, sa chair rose pâle se dépiaute naturellement et se consomme impérativement dans les quinze jours.

Les amateurs (parmi lesquels les chefs Cyril Lignac et Yannick Alléno) ne s’y trompent pas : le jambon blanc de Doumbéa (23 à 30 euros le kilo), baptisé Le Prince de Paris et estampillé d’une tour Eiffel, reste le petit chouchou d’une gamme de sept produits. Mais pour les fêtes, il devra compter avec d’alléchants nouveaux venus : un jambon à la truffe (70 à 80 euros le kilo), un boudin blanc truffé (environ 39 euros le kilo) et un autre aux morilles (aux alentours de 30 euros le kilo).
Pas de vente directe chez Doumbéa, mais vous pouvez retrouver leurs jambons chez de nombreux bouchers-charcutiers et épiceries parisiennes.

Le Prince de Paris
166, rue de Charonne (11e arrondissement)
Tél. 01 43 70 58 05
www.jambondeparis.com
Vente en ligne. Entre 23 et 30 euros le kilo

9 – Les vignerons parisiens : La cave de Turbigo

Matthieu Bosser dans son chai parisien

Matthieu Bosser dans son chai parisien

Saviez-vous qu’il suffit de prendre le métro pour arriver dans un chai de vinification ? Née de l’envie de faire du vin là où son fondateur, Matthieu Bosser, a vu le jour il n’y a pas quarante ans, la petite entreprise des Vignerons parisiens ambitionne de rendre le nectar accessible à tous. Au-delà de la vente de ses cinq cuvées, l’équipe propose ainsi de raconter toutes les étapes de la vinification. Les grappes, bien sûr, ne sont pas d’ici : c’est dans la vallée du Rhône que les vignerons travaillent – en biodynamie. Mais de la réception du raisin à la mise en bouteille, tout se déroule ensuite dans cet élégant chai parisien. Un bel atout pour les cours d’œnologie dispensés sur place et les visites commentées, où exploration du matériel et dégustation permettent une approche pédagogique du travail de vigneron.

Les Vignerons Parisiens
55 rue de Turbigo (3e arrondissement)
Tél. 01 44 93 72 97
www.lesvignerons.paris Vente en ligne

10 – La Distillerie de Paris : L’alambic de Château d’Eau

Une distillerie en plein Paris ? Impossible, c’est interdit depuis 1914. Mais à l’impossible, Nicolas Julhès n’est pas tenu : il a su arracher à la Ville une dérogation (la seule) à coups d’amour. D’abord, 
pour la capitale et son 10e arrondissement, aussi cosmopolite qu’un port ; ensuite, pour les odeurs qui auraient pu le faire devenir nez, enfin, pour les spiritueux, dont la découverte sonna pour ce fils d’épiciers comme « une révélation ».

Depuis 2015, il imagine les formules qui donneront naissance à l’un des quelque 75 alcools de sa distillerie nichée rue du Faubourg-Saint-Denis (10e). Du gin surtout (avec, toujours, sa note fétiche de bergamote), « parfait, dit-il, avec un pâté en croûte ou un jambon à l’os ». Mais aussi du rhum ou des spiritueux plus rares, tel son alcool d’érable, qui « est sec comme un whisky, avec la profondeur et la gourmandise d’un cognac et va très bien avec le foie gras ».

Nicolas Julhès dans sa Distillerie, seule et unique dans la capitale

Nicolas Julhès dans sa Distillerie, seule et unique dans la capitale

Chacun dans leur fût, vodka, alcool d’agave ou de caroube attendent également d’être goûtés au pied d’un rutilant alambic estampillé Holstein. Combien de temps ? On ne saura guère : sur les bouteilles aux allures de flacons d’apothicaires, les sobres étiquettes ne révèlent rien – c’est l’esprit « No Age Statement » (sans déclaration d’âge). Qu’importe, le plaisir, lui, est bien là. Les alcools de La Distillerie de Paris sont vendus dans les boutiques Julhès (10e et 11e), mais aussi à La Grande Épicerie de Paris (7e et 16e) et dans de nombreuses caves répertoriées sur le site dédié.

La Distillerie de Paris
54, passage Reilhac (10e arrondissement)
www.distilleriedeparis.com Entre 40 et 45 euros

11 – Maison Tamboite : Des vélos à l’élégance parisienne

L’émotion, c’est le mot qui surgit spontanément lorsque Frédéric Jastrzebski, gérant de la Maison Tamboite, évoque ses vélos à la superbe aristocratique. Cette petite entreprise d’artisanat d’art a été ressuscitée en 2014, après une longue histoire familiale et une fermeture dans les années 80. Établie au fond d’une cour du 12e arrondissement, un refuge de plantes et de silence loin de la clameur citadine, la maison propose des vélos entièrement fabriqués sur mesure. « Ils sont donc, par essence, fonctionnels », signale Frédéric. « Ils provoquent cet émoi unique qui intervient lorsqu’on regarde un objet exceptionnel, comme un tableau ou une sculpture », précise-t-il, en circulant parmi les chefs-d’œuvre disposés dans l’élégante pièce d’exposition de la Maison Tamboite.

Frédéric Jastrzebski, gérant de la Maison Tamboite et ses vélos d'exception

Frédéric Jastrzebski, gérant de la Maison Tamboite et ses vélos d’exception

La confection – chorégraphie longue de trois mois – commence par un arsenal de mesures d’une précision tatillonne prises sur le nouvel acquéreur : la bicyclette doit lui aller comme un gant. La fabrication revient ensuite à Hugo, 26 ans, qui construit seul les petites reines de la marque. Dans une concentration proche du recueillement et avec une délicatesse de joailler, le jeune homme s’affaire dans l’atelier attenant au showroom. « Le vélo s’élabore autour de la personne, précise-t-il avec dévotion. C’est lui qui s’adapte au cycliste, pas l’inverse. »

Dans l’atelier, Frédéric signale un meuble ancien : « Ces tiroirs datent de la boutique de mon oncle et ce comptoir de l’époque de mon grand-père. Je les ai sauvés lors de la fermeture. » Désuets, ils côtoient des outils à la pointe de la technologie et un plan de travail ergonomique. « Nous mélangeons le nouveau et l’ancien », explique le dirigeant. C’est avec un peu d’amertume qu’il a vu, dans sa jeunesse, fermer les portes de l’entreprise fondée par son grand-père en 1912, qui déposa les armes face à l’offensive de l’industrie du vélo asiatique.

La Maison Tamboite, des vélos d'artisanat d'art

La Maison Tamboite, des vélos d’artisanat d’art

« J’ai longtemps travaillé dans la finance, mais j’ai toujours su que je reprendrais la Maison », sourit Frédéric. C’est logiquement que le 12e arrondissement a accueilli la nouvelle Maison Tamboite : « Nous cherchions un endroit qui ait du sens, note Frédéric. Le quartier change, mais son esprit artisan est encore vif. » Les vélos sont le fruit de cette union du passé et du présent. « Chaque modèle est un équilibre de matières nobles travaillées avec un savoir-faire ancien : le bois, l’acier et le cuir. Mais ils sont aussi un concentré de technologie. Certains sont électriques et hybrides, d’autres possèdent des jantes en bois de hêtre renforcées par du carbone. »

Aussi, un tel travail d’exception a un coût. Pour un modèle sur mesure, fabriqué en collaboration avec un écosystème d’artisans parisiens, il faut compter entre 12 000 et 15 500 euros. La clientèle s’offrant ce luxe vient du monde entier. « Nous avons aussi des Parisiens », note Frédéric. Mais le rayonnement de la maison est international et incarne une certaine forme d’ « élégance parisienne » : « L’un de mes clients est un Irlandais qui
vit au Moyen-Orient, et il passera nous voir lors de son prochain voyage en Europe. »

Maison Tamboite
20, rue Saint-Nicolas (12e arrondissement)
Tél. 01 40 21 94 18
www.maisontamboite.fr
Entre 12 000 et 15500 euros
Le photographe Jean-Claude Sanchez expose actuellement dans la Boutique-Atelier de la Maison Tamboite.

12 – Edwart chocolatier : Des bouchées haute couture

« Vous venez d’où ? » C’est par quelques questions qu’Edwin Yansané accueille le client dans sa jeune boutique du Marais
(4e arrondissement). Un profilage fait à la manière d’un mentaliste, afin de proposer deux ou trois douceurs à déguster à sa clientèle. Edwart – contraction des prénoms des deux fondateurs EDWin et ARTHur – a reçu, en 2016, l’Award de l’Originalité du Club des croqueurs de chocolat, mais cet essai culinaire reste le meilleur argument de la maison.

Edwin Yansané, jeune chocolatier parisien

Edwin Yansané, jeune chocolatier parisien

En bouche, l’équilibre est parfait et les saveurs explosives – coriandre et noisettes, curry et sel de Guérande… Une trentaine de chocolats réalisés à la main dans le laboratoire de Vitry-sur-Seine (94). « Paris est mon inspiration première, même si j’ai beaucoup voyagé », raconte Edwin, qui s’approprie tous les univers de la ville. Une goûteuse famille de bonshommes de neige viendra cet hiver compléter la collection de cette chocolaterie haute couture et des ateliers sont proposés afin de réaliser ses propres gourmandises.

Edwart Chocolatier
17, rue Vieille-du-Temple (4e arrondissement) et 244, Rue de Rivoli (1er arrondissement)
Tél. 01 42 78 48 92
www.edwart.fr
Coffrets entre 15 et 69 euros

Par Anne-Claire Préfol, Louis Jeudi et Livia Garrigue

Photos © Mathieu Génon

Par Livia Garrigue

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