Ils ont tenu trois semaines sans leur voiture

Ils ont tenu trois semaines sans leur voiture

La cérémonie de clôture du défi Trois semaines sans ma voiture s’est tenue à la Grande halle de la Villette jeudi 19 octobre 2017 dans le cadre du Salon Autonomy. Le défi a été relevé par cinquante participants parisiens et franciliens. Ils témoignent.

Après le succès de Sept jours sans ma voiture en 2016, la Ville de Paris, en partenariat avec Wimoov et l’Ademe, a organisé l’opération Trois semaines sans ma voiture du 11 septembre au 1er octobre 2017. Cinquante usagers d’une voiture ou d’un deux roues, résidant à Paris ou en Île-de-France, se sont engagés à laisser leurs véhicules au garage. 73% des participants sont satisfaits de l’expérience. Pour eux, le chamboulement du quotidien, et parfois l’allongement du trajet, en vaut la peine.

Maud Bromet, 36 ans, habite à Boulogne-Billancourt et travaille comme conseillère financière au CIC de l’avenue de la Grande Armée, dans le 17e arrondissement de Paris. « J’ai relevé le défi de A à Z, je n’ai pas touché à mon scooter », annonce-t-elle fièrement. « Je l’ai déjà mis en vente sur Le Bon coin. » Elle l’a troqué pour un vélo. « Le scooter me coûtait 49€ par mois en assurance. L’abonnement vélib, c’est 39€ par an. » Maud en a profité pour changer décisivement de mode de vie. Il faut dire qu’elle était particulièrement motivée : « Avant le défi, je me suis entraînée au vélo en salle pour gagner de l’endurance. »

Les insultes des piétons

Enthousiaste, Maud n’est pourtant pas angélique. Elle évoque les incivilités qui parsèment ses trajets : les insultes des piétons, chauffeurs de bus, vélos à contresens sur la piste cyclable, automobilistes. « Un jour, j’ai dit à un conducteur qui se garait sur une piste cyclable que c’était dangereux. Il l’a mal pris, m’a injuriée et s’est mis à me poursuivre en voiture. J’ai réussi à le semer, mais j’avais le coeur qui battait », raconte-t-elle. Maud souligne aussi le fléau du vol. « Il faudrait que les entreprises prennent des mesures pour faciliter les trajets en vélo. Les entreprises qui ont leur propre flotte de bicyclettes, ça me fait rêver. » Malgré ces complications, Maud tranche : « Je suis contente de contribuer à mon échelle à ce qu’on vive un peu mieux à Paris. »

3 semaines sans voiture

Christophe Najdovski, adjoint aux transports à la mairie de Paris, et les participants au défi Trois semaines sans ma voiture, posent devant l’un des vélos électriques faisant partie des lots à gagner à l’issue du défi.

Pour Fabian Czembor, 35 ans, le défi était de taille. Habitant de Bonneuil-sur-Marne dans le Val-de-Marne et comptable dans le 15e arrondissement de Paris, 23 kilomètres le séparent de son lieu de travail. « Chaque jour, il a fallu penser aux différents trajets de la journée. » Il a expérimenté les aléas du métro : « la ligne 8 est vraiment lente et longue. La 6, il y a constamment des problèmes de régulation », pointe-t-il. Mais il a découvert divers moyens de transport : le vélo électrique pour les loisirs, l’autopartage, et l’Autolib, une révélation pour lui.

Abandonner sa voiture implique de bousculer radicalement les habitudes. Itinéraires, contraintes, aléas météorologiques, recherche des bornes vélib et autolib, organisation de l’autopartage : « Du jour au lendemain, il faut réfléchir à tout ça, et adapter sa journée », note l’un d’entre eux lors de la cérémonie de clôture du défi. Dénicher des solutions en combinant différents moyens était parfois un challenge, ce qui explique la réticence de certains à se séparer de son véhicule. Un participant raconte la difficulté de convaincre ses collègues de travail : « Ils répondent toujours Moi j’ai besoin de mon véhicule, je ne sais pas faire autrement ». »

Photo © Thomas Padilla

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Par Livia Garrigue

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