Avril en Enfers pour JCDecaux à Paris

Avril en Enfers pour JCDecaux à Paris

ARTICLE INÉDIT EN LIBRE ACCÈS – L’entreprise JCDecaux, numéro un mondial de la communication extérieure (affichage, mobilier urbain, publicité dans les aéroports et les gares) est en difficulté à Paris. Après la perte de l’appel d’offre Vélib, l’entreprise de Neuilly-sur-Seine vient de perdre le mobilier urbain parisien.

C’est comme si l’Empire romain était malmené dans sa propre capitale. En avril, JCDecaux, a perdu deux batailles sur ses terres. Le géant français de la communication extérieure – plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016 – a d’abord perdu le marché du Vélib. Un vrai coup dur, sachant que l’entreprise fondée par Jean-Claude Decaux, décédé en mai 2016, a inventé le concept du vélo en libre service (VLS), expérimenté pour la première fois à Lyon en 2005. Decaux, qui détient le marché du vélo en libre service de 70 villes dans le monde, reste le leader mondial du secteur. Mais la perte de Vélib, sa vitrine mondiale, écorne l’image du groupe. La défaite face à Smoove, une start-up de Montpellier associée au groupement de transports catalan Moventia, est une humiliation pour JCDecaux, qui passe pour Goliath défait par le petit David. Comme si cela ne suffisait pas, le groupe désormais dirigé par Jean-Charles Decaux a pris un deuxième coup sur la tête à Paris. Lundi dernier, le tribunal administratif, saisi par ses concurrents américains Clear Channel et Exterion Media, a retiré au géant de Neuilly-sur-Seine le marché du mobilier urbain d’information parisien, considérant la concurrence lésée par les conditions de l’appel d’offre.

L’Empire contre-attaque

Le groupe ne se laisse pas faire. Sur le front du Vélib, il a contesté la victoire de Smoove, en jouant sur le fait que les conditions de l’appel d’offre du syndicat mixte Autolib’Vélib’ métropole ne prenaient pas en compte la reprise des 315 employés de Ciclocity, sa filiale qui gère l’entretien des Vélibs. Le tribunal administratif rendra sa décision le 4 mai. Sur le front du mobilier urbain, JCDecaux s’est pourvu en cassation auprès du Conseil d’état. L’entreprise peut compter sur le soutien de la mairie de Paris, qui s’est également pourvue en cassation, estimant que son appel d’offre était conforme au règlement en vigueur. Malmené à Paris, le groupe neuilléen se console en région. Hier, il a annoncé sur son site internet avoir remporté le contrat du mobilier urbain de Nantes pour les 20 prochaines années.

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Par Louis Jeudi

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