L’enfer, c’est le bruit des voisins

L’enfer, c’est le bruit des voisins

ARTICLE EN LIBRE ACCÈS – Parquet qui craque, bar bruyant au rez-de-chausée, voisins fêtards. Ces bruits dans les immeubles peuvent pourrir la vie des Parisiens. Le Centre d’information et de documentation sur le bruit (CIDB), association déclarée d’utilité publique en 2007, propose une écoute téléphonique gratuite pour aider les individus en détresse acoustique. Des conseils de bon augure pour éviter d’appeler la police, à la veille d’un week-end ensoleillé qui risque d’être festif.

Xavier, un trentenaire du 12e arrondissement de Paris, a perdu le sommeil. A tel point qu’il a dû quitter provisoirement l’appartement qu’il loue depuis 6 mois, au dernier étage d’un immeuble ancien. Juste au-dessus se trouve le local technique de la résidence, qui lui impose un bruit de fond régulier particulièrement gênant la nuit. L’ancienneté de l’immeuble n’arrange rien, l’isolation est mauvaise. Son bailleur social lui a envoyé un technicien qui n’a rien résolu. En désespoir de cause, il a appelé Elsa Erimée, qui gère la permanence téléphonique du Centre d’information et de documentation sur le bruit (CIDB), basé dans le 17e arrondissement de Paris. Un cas parmi tant d’autres pour la jeune femme, qui reçoit une dizaine d’appels chaque jour.

« Les voisins ne communiquent pas assez »

« Les gens peuvent appeler dans des états de stress assez importants, comme ce monsieur, raconte Elsa Erimée. Mon rôle, c’est de comprendre d’où vient le problème et de les aider à trouver la solution par eux-même. » Il y a les cas comme Xavier, compliqués à résoudre. Mais le plus souvent, il s’agit d’un trouble du voisinage. De nouveaux propriétaires changent le revêtement de leur sol, et la vie des voisins du dessous devient infernale. « Les gens se plaignent surtout des bruits de chocs », résume la standardiste pour qui « les voisins ne communiquent pas assez ». Elle incite ses interlocuteurs à dialoguer avec leurs bourreaux auditifs, et à diffuser quelques conseils pratiques dans leur résidence. « Rien ne vaut la moquette pour étouffer les bruits de pas », fait-elle souvent remarquer. Et puis poser un tapis bien molletonné, « c’est à la portée de tout le monde ».

Acousticien à la rescousse

Quand communiquer avec le voisinage ne suffit pas, il est possible de faire appel à l’un des 6 acousticiens du CIDB. Ces professionnels à l’oreille aiguisée proposent des solutions techniques adaptées à chaque type de bruit, ce qui peut impliquer des investissements. Ceux qui provoquent les bruits appellent aussi Elsa Erimée. Elle se souvient d’un musicien qui cherchait une solution pour ne plus subir les foudres de ses voisins. L’acousticien lui a expliqué comment mieux isoler la pièce où il joue. « En général, note la standardiste, les gens qui bricolent eux-même pour améliorer l’isolation finissent par nous rappeler. Mieux vaut s’adresser à des professionnels. » Le travail du CIDB, c’est aussi de rappeler aux victimes du bruit que leur bailleur se doit de régler, dans la mesure du possible, les désagréments qui résultent d’un problème lié à l’immeuble. Car à Paris, il faut composer avec l’ancienneté des bâtiments. Grincements, craquements mystérieux. Avec le loyer, c’est aussi le prix à payer quand on vit dans un bel édifice haussmannien.

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Par Louis Jeudi

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