Disparition des arrondissements du centre : point et réactions sur la réforme du statut de Paris

Disparition des arrondissements du centre : point et réactions sur la réforme du statut de Paris

ARTICLE EN LIBRE ACCES – Initié à l’été 2015 par la maire de la capitale, Anne Hidalgo, le projet de loi de réforme du statut de Paris a été définitivement adopté par l’Assemblée nationale, jeudi 16 février 2017 et devra être opérationnel lors des prochaines élections municipales, en 2020. Il consacre le regroupement des quatre premiers arrondissements de la capitale en un seul périmètre de près de 104 000 habitants.

Nouvelle répartition des compétences entre l’État et la Ville, renforcement du rôle des maires d’arrondissements, simplification administrative : autant d’objectifs visés par le nouveau statut de Paris, adopté le 16 février 2017, par l’Assemblée nationale. Autre mesure phare qui pourrait impacter directement la vie des Parisiens, cette réforme unique (la première depuis la création des vingt arrondissements parisiens en 1860), initie la fusion des quatre premiers arrondissements de la capitale. Un regroupement qui aura comme point d’orgue l’élection, en 2020, d’un seul et unique maire du centre.

Transferts de compétances

L’Etat et la préfecture de police de Paris transféreront, dès juillet 2017, les compétences qui manquaient à la capitale par rapport aux autres communes françaises. Cela passe notamment par la récupération des pouvoirs décisionnels pour la mairie concernant les aménagements de la voirie et du stationnement. Jusqu’ici, le préfet devait donner un avis conforme pour qu’un projet soit lancé ; il ne pourra plus qu’émettre certaines restrictions. La municipalité explique, par exemple, que l’allègement des procédures permettra en premier lieu d’accélérer le plan vélo.

Si des incertitudes planent encore sur la répartition des services municipaux, Jacques Boutault, maire Europe écologie les verts du 2e arrondissement, assure qu’« aucune suppression de postes n’est prévue chez les fonctionnaires parisiens. » « Ce qui risque de changer si les mairies se spécialisent, poursuit l’élu écologiste, c’est le regroupement de certains bureaux et le déplacement des agents municipaux d’un arrondissement à l’autre. Nous allons travailler, d’ici à 2020, pour rendre les meilleurs services aux habitants des arrondissements concernés. »

Codes postaux inchangés

Les riverains restent globalement attachés à leurs arrondissements qui conserveront leurs codes postaux. Mais de nombreuses interrogations subsistent chez les commerçants et les habitants : Comment seront utilisés les espaces libérés par le regroupement de certains services dans les mairies d’arrondissement ? Quels services (état civil, inscription sur les listes électorales, prestations sociales…) seront communs et quels seront ceux qui relèveront de la compétence de chaque arrondissement ? Dans quelle mairie le maire du Centre de Paris siègera-t-il à partir de 2020 ? Dans les mois à venir, Anne Hidalgo lancera une consultation citoyenne permettant aux habitants des quatre arrondissements centraux de s’exprimer.

Emmanuel Mesnil, 47 ans, boucher installé depuis 10 ans dans le 3e arrondissement, considère cette réforme « intéressante ». « En ce qui me concerne, poursuit-il, je suis un commerce de proximité. Je suis par définition attaché à mon arrondissement. La question que je me pose c’est : que vont devenir les mairies s’il n’y a plus qu’un seul maire ? » Isabelle de Ponsay, habitante du quartier et cliente d’Emmanuel Mesnil, rétorque que « la mairie du 3e est idéalement située pour devenir la future mairie du centre ».

Emmanuel Mesnil, propriétaire de la Boucherie des Gravilliers depuis 10 ans, dans le 3ème arrondissement de Paris.

Emmanuel Mesnil, propriétaire de la Boucherie des Gravilliers depuis 10 ans, dans le 3ème arrondissement de Paris.

Manuel, 47 ans, a ouvert son premier commerce de prêt-à-porter en 1994, dans le 4e. « L’essence du Marais ce sont ses petits commerces, ses bars, ses restaurants. J’y suis attaché comme tous les commerçants du quartier. Le problème c’est que ça disparait depuis plusieurs années au profit des grandes enseignes. Il faut arriver à conserver l’âme de ces arrondissements. Et puis ne pas rendre toutes les rues piétonnes : c’est dangereux pour les commerces. La circulation donne de la vie et permet une forme de visibilité. Juste le weekend serait l’idéal. »

Manuel, dans sa boutique de prêt-à-porter "LOL" rue du roi de Sicile dans le 4ème arrondissement de Paris.

Manuel, dans sa boutique de prêt-à-porter « LOL » rue du roi de Sicile dans le 4ème arrondissement de Paris.

Photos © Louis Camelin

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Par Louis Camelin

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