Expo – L’art de la rature au Centre Pompidou

Expo – L’art de la rature au Centre Pompidou

ARTICLE EN LIBRE ACCES – Le Centre Pompidou présente, jusqu’au 24 avril 2017, la plus grande rétrospective consacrée à ce jour à Cy Twombly (1928-2011). À travers
 un parcours chronologique, 140 œuvres révèlent le langage singulier du peintre américain. Tout en traits et en griffures.

« Le geste est celui d’un va-et-vient de la main, parfois intense, comme si l’artiste “tripotait” le tracé, à la façon 
de quelqu’un qui s’ennuierait au cours d’une réunion syndicale et noircirait de traits apparemment insignifiants un coin
du papier qu’il a devant lui. » Issue du texte de Roland Barthes pour le catalogue de l’exposition de 1979 au Whitney Museum of American Art à New York, cette phrase donne une idée
 du pouvoir d’évocation des œuvres de Cy Twombly présentées au Centre Pompidou (qui fête cette année ses 40 ans). Considéré comme l’un des artistes majeurs de la seconde moitié du xxe siècle, ce peintre né en Virginie a su assumer l’héritage de l’expressionnisme abstrait américain tout 
en développant une œuvre personnelle, faite de traces
 en tous genres, de taches et d’autres formes de salissures.

Dans la première salle, consacrée aux années 1950,
cette esthétique de la rature s’exprime à travers une série 
de tableaux blancs où affleurent les différents types 
de traces que l’on retrouve au long du parcours chronologique conçu par Jonas Storsve, commissaire de l’exposition. Construite autour de trois cycles – Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at Iliam (1978) et Coronation
 of Sesostris (2000) –, la rétrospective donne à voir les évolutions d’un langage complexe produisant ce que Barthes nomme un « effet méditerranéen ». En voyageant très tôt dans les pays du Maghreb et en y passant une grande partie de sa vie, Cy Twombly s’est en effet imprégné d’une
 culture méditerranéenne qui transparaît non seulement dans les sujets de ses tableaux, mais aussi dans l’organisation 
de ses toiles, dans l’espace qui sépare ses griffonnages et leur donne une sensualité particulière.

Illustration : Blooming, 2001. © Cy Twombly Foundation/Fondazione Nicola Del Roscio.

« Cy Twombly ». Jusqu’au 24 avril 2017.
Centre Pompidou, place Georges-Pompidou – 75004 Paris.

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Par Anaïs Heluin

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