Cinq questions à Cécile Dormeau, dessinatrice

Cinq questions à Cécile Dormeau, dessinatrice

ARTICLE EN LIBRE ACCES – L’illustration de ce couple représenté en plein ébat chevauchant un Vélib’ sur la couverture de Soixante-Quinze # 10 actuellement en kiosque, c’est elle : Cécile Dormeau, parisienne de 28 ans, dessine sans complexe le monde qui l’entoure. Au fil de dessins colorés, elle ne craint pas de montrer les corps de manière inhabituelle, en particulier les rondeurs féminines.

Soixantequinze.paris – Pourquoi dessinez-vous et depuis quand ?

Cécile Dormeau – Je dessine depuis toute petite. A l’adolescence je commençais déjà à faire pas mal d’autoportraits sur mes complexes. J’ai bossé en Allemagne dans des agences de graphisme et de publicité, et quand je me suis encore retrouvée au chômage j’ai décidé de me lancer dans ces illustrations qui me tenaient à cœur sur la représentation des femmes. Les représenter comme elles sont avec leurs imperfections.

couv-10-200Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Cela peut être n’importe quoi : une conversation avec mes sœurs, une scène que j’ai vue dans la rue, un selfie d’une copine, un sketch de George Carlin… J’aime dessiner surtout sur les tabous, les choses dont on a honte de partager, et célébrer les imperfections!

Pourquoi des femmes rondes ?

Quand j’ai vu à quel point mes amies, mes sœurs se plaignaient tout le temps de ce qui n’allait pas dans leur corps et moi la première, j’ai commencé à illustrer là dessus. Au tout début, avant d’élargir sur tous les complexes, j’ai surtout dessiné des filles grosses parce que j’ai tellement vu des filles de mon entourage souffrir de fatshaming que je voulais dessiner des femmes grosses, belles, séduisantes, bien dans leur corps, épanouies et heureuses. Montrer que « grosse » n’est pas une insulte. Dans beaucoup de films, séries, on montre encore tellement souvent les gros comme des personnes, moches, incapables de trouver l’amour, que je voulais vraiment montrer une autre image. Que ce sont des personnes comme tout le monde! Beaucoup de gens m’ont demandé de me justifier en disant « pourquoi tu dessines des grosses? » car la normalité c’est de représenter des gens minces. D’où la nécessité de représenter différents modèles!

Où vivez-vous actuellement ?

Après ma période de chômage en Allemagne, je suis retournée vivre chez mes parents en banlieue parisienne, où je suis depuis quelques mois car je ne pouvais plus payer mon loyer. Eh oui, encore un bel exemple de la génération boomerang. Toute personne dans ma situation pourra dire que c’est un délice de retrouver sa chambre d’ado, le papier peint étoiles de mer, et les pages de magazine de pub de parfum accrochées au mur de ma petite soeur. Avec un peu de chance, en 2017 j’arriverai à avoir mon propre chez-moi, en banlieue, à Paris, à Barcelone, ou à Buenos Aires, qui sait.

Qu’avez-vous voulu montrer sur la couverture de Soixante-Quinze ?

Que cela demande beaucoup d’agilité de pratiquer le coït sur un vélo (en pédalant).

Dessin © Cécile Dormeau

Le site Internet de Cécile Dormeau en suivant ce lien

Cécile Dormeau sur Instagram

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Par Philippe Bordier

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