Paris brûle-t-il un bon café ?

Paris brûle-t-il un bon café ?

EN KIOSQUE # 7 – Face au petit noir des industriels comme Richard et au jus des coffee shops américains, des torréfacteurs indépendants tentent de remettre au goût du jour le vrai « baume du cœur et de l’esprit » loué par Verdi.

Bistro L’Arcade Haussmann, 8e arrondissement, 14 h 30. « Un café et un verre d’eau, s’il vous plaît ! » Le client pose sa mallette à ses pieds et s’installe debout au comptoir. Le serveur tasse le café, insère le percolateur dans la machine d’un coup de poignet, donne un quart de tour mécanique et appuie sur un bouton. La machine ronronne, le café coule. Veste toujours sur le dos, le client sort son téléphone, consulte ses courriels, glisse un rapide coup d’œil vers la télé derrière lui. Puis son breuvage arrive, accompagné d’un verre d’eau. L’homme vide d’une traite la petite tasse noire Florio, grimace, remercie, laisse 1,20 euro sur le zinc et s’en va. Malgré son « nez doux et chocolaté » et son « attaque puissante suivie de rondeur et d’arômes grillés », vantés par la marque, le café Florio est bien difficile à identifier rien qu’en le buvant. En réalité, on le reconnaît à sa tasse, noire avec un élégant cartouche doré au centre duquel figure son nom.

Chez Cafés Richard, à Gennevilliers, en région parisienne, le caféologue Christophe Rubino goûte les grains fraîchement torréfiés pour en vérifier la qualité.

Chez Cafés Richard, à Gennevilliers, en région parisienne, le caféologue Christophe Rubino goûte les grains fraîchement torréfiés pour en vérifier la qualité.

Comme Café rouge ou Perle noire, Florio est l’une des gammes de l’un des plus gros torréfacteurs de France : Cafés Richard. Depuis plus de soixante-ans, ses signatures se sont imposées, avec leurs petites vaisselles, dans le paysage national et notamment parisien – 4 000 établissements intra-muros. Une success story industrielle et familiale. Avant de devenir une marque et un grand groupe, Richard était le patronyme d’un homme, prénommé Henri. Venu d’Aveyron, il entre en 1920 comme employé chez son grand oncle, grossiste en vins à Clichy, dans les Hauts-de-Seine. En 1938, il rachète l’affaire. Après la Seconde Guerre mondiale, les Vins Richard se diversifient dans d’autres boissons et le fils d’Henri, André, se lance dans la torréfaction de café en 1955. Frères et enfants développent et pérennisent l’entreprise, jusqu’à aujourd’hui. Dans le milieu, on les appelle « les Richard » (…)

Photos : © Mathieu Génon

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Par Alice Babin

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