Vous prendrez bien un verre de Seinoise ?

Vous prendrez bien un verre de Seinoise ?

EN KIOSQUE # 6 – D’où vient l’eau potable ? De vos robinets s’écoule une eau originaire de la Seine, de la Marne ou de sources lointaines. Que vaut-elle ? ­Malgré les pollutions qui menacent sa pureté, ­l’opérateur public se veut rassurant.

Ils portent le verre à leurs lèvres, font tourner une gorgée dans leurs bouches, puis la recrachent. Pas de notes délicates ni de saveurs fruitées. Ce sont plutôt des arômes de croupi ou de pourriture que traquent ces sommeliers d’un genre spécial. Jean Baron, Guillaume et Marina travaillent au laboratoire d’Eau de Paris à Ivry-sur-Seine (94) et sont occasionnellement goûteurs d’eau. Deux à trois fois par semaine, ils testent des échantillons que des consommateurs mécontents ou inquiets leur envoient, gênés par un goût bizarre ou une couleur suspecte, un soupçon de plomb.

Le réservoir de Montsouris, l'un des cinq qui alimentent la capitale. © François Grunberg/Ville de Paris

Le réservoir de Montsouris, l’un des cinq qui alimentent la capitale. © François Grunberg/Ville de Paris

« Aujourd’hui, c’est une femme qui demande une analyse. Son médecin a trouvé de l’arsenic et du mercure dans son sang. Elle veut savoir si ça vient de l’eau du robinet », explique Marina, technicienne. L’hypothèse est improbable selon la petite équipe, qui se prête néanmoins à l’exercice. Les trois employés vérifient la qualité gustative de l’échantillon prélevé au robinet et le comparent à une gorgée d’Evian, l’étalon de l’eau de Paris. « On essaie de faire abstraction du chlore, pas vraiment un problème », confie Jean Baron, responsable du département recherche et développement. Même exercice avec le prélèvement effectué en pied d’immeuble. Marina note « un arrière-goût un peu amer », mais ses collègues ne partagent pas ce sentiment. Pas d’alerte sur cet échantillon. L’arsenic et le mercure viennent d’ailleurs.

Les Parisiens reprochent habituellement à leur eau du robinet son goût de chlore, sa teneur en calcaire, sa tiédeur en été. Mais ils sont tout de même quatre sur cinq à en boire, et même 39 % à ne consommer qu’elle (…)

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Légende photo : Jean Baron, responsable du département recherche et développement d’Eau de Paris. © Mathieu Génon

Par Philippe Schaller

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