A L’Antenne, Phiphi travaille à l’ancienne

A L’Antenne, Phiphi travaille à l’ancienne

EN KIOSQUE # 5 – Cafetier en face d’Europe 1, dans le 8e arrondissement de Paris, ce fils d’Auvergnat orchestre dans son bistro les rendez-vous, déjeuners et pauses Viandox des journalistes, people et politiques.

Une belle journée d’été s’étire à l’infini. L’Antenne, bar de la rue François-Ier, dans le 8e arrondissement, a ouvert ses larges baies vitrées sur la ville. Des messieurs bien mis sirotent une eau gazeuse et discutent à voix basse. Quelques touristes sont affalés en terrasse. C’est un quartier chic, où parviennent étouffés les bruits de l’agitation citadine. A deux pas, les Champs-Elysées grouillent de monde ; devant L’Antenne, les berlines aux vitres fumées glissent en silence sur le pavé. Chaises recouvertes de moleskine rouge, jaune ou verte, tables en bois brun, zinc arrondi sur lequel sont accoudés deux artisans de passage : c’est un bistro de quartier aux antipodes des bars branchés. Situé en face de la radio Europe 1, il est fréquenté par une ribambelle d’habitués prestigieux : figures politiques, people et journalistes en vue.

Derrière le comptoir, Phiphi orchestre la suite du service avant de partir. Responsable de l’établissement depuis trois ans, il distille ses conseils aux deux serveurs. Le pot de départ d’un salarié d’Europe 1 est prévu ce soir. « La routine, lance-t-il, mais il faut rester vigilant. » Phiphi, c’est Philippe Chavaribeyre. Il est né dans la capitale voilà cinquante-huit ans. Ses parents ont ouvert des bars successivement à Puteaux (92), à Pantin (93) et à Paris, dans le 9e arrondissement. « Comme tant d’autres cafetiers, mon père est auvergnat, raconte-t- il. En âge de bosser, il est monté à Paris pour devenir serveur. Il y a rencontré ma mère, qui faisait le même métier que lui. » Faire le métier, Phiphi n’y échappe pas. Fidèle à la lignée des bougnats, marchands de charbon auvergnats partis à la conquête des troquets parisiens à la fin du xıxe siècle, il embrasse aussi la profession : « Les études, c’était pas mon truc. J’étais con (…)

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Par Philippe Bordier

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