Jean-Yves Lafesse : « J’observe la rue et je l’absorbe comme une éponge »

Jean-Yves Lafesse : « J’observe la rue et je l’absorbe comme une éponge »

EN KIOSQUE # 4 – Humoriste à la radio et figure de « l’esprit Canal », célèbre pour ses 2 000 canulars téléphoniques, Jean-Yves Lafesse porte aujourd’hui sa fantaisie potache au Théâtre. Parisien depuis trente-cinq ans, il puise dans la capitale et la vie de ses habitants les ressorts de son humour.

Soixante-Quinze : Pourquoi vous appelez-vous Lafesse ?
Jean-Yves Lafesse : Quand j’étais petit, je jouais au foot. Mon seul but, je l’ai parqué avec la fesse. C’est resté.

La trajectoire classique d’un humoriste, c’est de commencer par les petites scènes avant de gravir peu à peu les échelons. Vous, c’est l’inverse : vous avez commencé par la télé et la radio. Comment l’expliquez-vous ?
Je ne sais pas, c’est la vie. Au téléphone comme dans la rue, je jouais déjà la comédie. Aujourd’hui, c’est le théâtre. C’est le résultat de sensations éprouvées progressivement. Il n’y a pas de différence entre le canular, l’imposture et le théâtre : il faut y être concentré à l’extrême, tout en ayant suffisamment lâché prise pour entendre la petite musique de l’inconscient qui m’abreuve d’idées.

Qu’est ce qui motive votre travail ?
L’observation du genre humain. Depuis toujours. Quand j’étais petit, je passais tous mes étés à Crozon-Morgat, dans le Finistère. J’aimais regarder les gens sur la plage. Ils étaient acteurs de scènes banales, cocasses, comme le maillot de bain enfilé furtivement sous la serviette. J’observais les maris protéger leurs épouses en vérifiant bien qu’un autre mec ne les mate. Je me disais : « Putain, c’est la comédie du monde adulte. » C’était extraordinaire. Une vraie scène de théâtre, avec la mer derrière, comme un rideau. Puis un jour, je suis tombé sur un bouquin de Louis Jouvet, Le Comédien désincarné. Une réflexion sur le théâtre et les acteurs. Le hasard a d’ailleurs fait que Louis Jouvet est né à Crozon-Morgat. Et j’ai découvert, ligne après ligne, exactement ce que je ressentais. J’en ai déduit qu’il avait peut-être observé, enfant, cette même plage, ces mêmes scènes du quotidien ; et que l’observation était fondamentale dans son travail (…)

Lire la suite de l’entretien dans Soixante-Quinze n°4, en vente en kiosque.

Jean-Yves Lafesse prolonge son spectacle au théâtre Edgar en juillet et en août : dates et heures des représentations sur le site Internet du théâtre.

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Par La rédaction

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