Un homme ET une femme

Un homme ET une femme

Figure de la prostitution parisienne, cette militante du Syndicat du travail sexuel (le Strass) est plus à l’aise en perruque et escarpins que lookée en mec. Dans une capitale de plus en plus hostile au tapin, elle travaille sur Internet, affranchie de tout moralisme.

Gilda vapote menthe-melon et sirote vodka-Schweppes. C’est sacrément son truc, la double saveur. Elle est assise ici, dans son salon, barbe d’une semaine, casquette et grosses pompes de basketteur, et se regarde là, sur l’écran plat inséré dans les étagères, glabre, fesses rehaussées d’un microshort et de talons pointus. La vidéo date du mois de mars, quand le cabaret Le Cirque électrique, près de la porte des Lilas dans le 20e arrondissement de Paris, l’a invitée à s’exprimer sur le projet de loi travail. Depuis trois semaines, Gilda est « en pause ». Pas du militantisme, ni du travail, seulement du travestissement. Elle avait prévu d’y rester jusqu’aux Rencontres internationales des tra- vailleurs et travailleuses du sexe, à Toulouse en juin, mais a finalement accepté de revenir sur sa résolution pour la photo. Lui tirer le portrait « en homme », impossible : « C’est comme si vous demandiez à une actrice d’apparaître sans aucun maquillage, jamais elle n’accepterait. Je ne veux pas que mes clients me voient comme ça, on perd tout le glamour. » (…)

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Par Virginie Tauzin

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