L’art d’accommoder les déchets

L’art d’accommoder les déchets

Fini, les restes de repas à la poubelle. Dans dix ans, ils seront transformés en compost ou en biogaz et Paris sera une ville zéro déchet. Un projet de sa maire, Anne Hidalgo, qui, s’il réussit, va bouleverser nos habitudes.

La nouvelle poubelle sera de couleur orange ou marron. On y descendra tous les deux jours pour vider notre « bio-seau », un petit récipient en plastique plein de déchets alimentaires qu’on stockera quelque part dans notre minuscule cuisine. Parce qu’à chaque fois qu’on fera du café, on y jettera le marc et le ltre ; à chaque fois qu’on épluchera un légume, on y mettra la peau ; pareil pour les coquilles d’œuf, le gras de la viande, les arêtes de poisson et les fleurs fanées. Cette poubelle réservée à ce qu’on appelle les « biodéchets » devra trouver sa place dans le local de notre immeuble parisien, à côté de la verte – pour les déchets non recyclables –, de la jaune – pour le carton, le papier, les acons et les conserves –, et de la blanche – pour le verre. Et plusieurs fois par semaine, des camions à benne ramasseront cette matière putrescente et humide, qui sera transformée en biogaz ou en compost ailleurs en Île-de-France (…)

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Par Virginie Tauzin

2 Commentaires

  1. Alice

    Chers journalistes du 75,

    Tout d’abord, merci pour la qualité de vos articles. Vous lire est toujours un plaisir, et l’occasion de découvrir les secrets de Paris. Et je me réjouis de voir que mon arrondissement (le 13e) continue d’être à l’honneur malgré le changement de formule.

    Je me permets de réagir à votre article concernant le traitement des déchets. La communication de la mairie de Paris autour du tri sélectif me laisse assez dubitative, en raison de mon expérience récente. Dans le cadre du budget participatif, j’ai en effet proposé (de même qu’une autre personne) l’installation d’un composteur collectif dans les quartiers HLM du 13e, plus précisément au square Beckett (angle de la rue Gandon-boulevard Masséna), espace vert délaissé et peu fréquenté, et dans lequel il me paraissait intéressant de créer du lien social autour d’une activité écologique.
    Lorsque j’ai été conviée à la mairie du 13e pour un « atelier de co-construction », mon projet a été retoqué sans autre forme de procès sous prétexte
    1 – que le tri à la source serait « élitiste »
    2 – que la mairie de Paris n’aurait pas d’argent pour recruter un « maître composteur » qui assurerait une ou deux permanences par semaine. Un tel recrutement, qui nécessite d’être pérennisé sur le long terme, ne relèverait d’ailleurs pas du budget participatif, mais du budget de fonctionnement.
    3 – que les jardiniers de la ville étaient obligés d’acheter du compost tracé, et ne pourraient donc pas se servir d’un compost préparé par les habitants.
    4- que dans le 13e, la collecte des déchets n’était pas municipalisée, mais confiée à Véolia, à qui la mairie ne peut demander de gérer une éventuelle poubelle de déchets organiques

    J’entends ces arguments, mais ils me paraissent assez aberrants, c’est pourquoi j’y réponds point par point :
    1- Estimer que les habitants des quartiers populaires ne pourraient pas faire la différence entre une épluchure et un carton me paraît relever d’un mépris de classe auquel je ne m’attendais pas de la part d’une municipalité socialiste.
    2- La mairie de Paris devrait raisonner sur le long terme : les emplois de « maîtres composteurs » pourraient, à terme, remplacer certains emplois d’éboueurs.
    3- Le bilan carbone d’un compost produit par les parisiens serait sans doute bien meilleur que celui d’un compost acheté à l’extérieur.
    4- Si la délégation au privé de la collecte des déchets fait obstacle au tri à la source, pourquoi ne pas la municipaliser ? Cela permettra à la Ville de se préparer sereinement à l’application de la directive européenne qui impose, à l’horizon 2025, le tri à la source.

    Je me suis permis de vous faire part de cette expérience qui me semble révélatrice d’une certaine hypocrisie de la mairie de Paris lorsqu’elle communique sur son exemplarité écologique.

    Merci encore pour votre travail.
    Bien amicalement,

    Alice, Paris 13e

  2. Francis Vérillon

    Bonjour,

    Je souscris entièrement au commentaire d’Alice, la remerciant de l’avoir publié et espérant qu’il active nos élus. Une petite rectification d’abord : la mairie du 13e a délégué sa compétence de collecte des déchets ménagers à Urbaser (et non Véolia).

    Sur les quatre points présentés, je reconnais les arguments inacceptables des élus et approuve les réponses d’Alice.

    Dès 2011, pour le conseil de quartier CQ8 de Paris 13e, j’ai défini le cahier des charges (et le financement) du projet de compostage de quartier inauguré il y a un an au square Héloïse et Abélard (pavillon en bois pour 200 foyers, 12 tonnes/an détournées de l’absurde incinération). La maîtrise d’œuvre a dû être confiée à une association (non parisienne), alors les services techniques de la Ville de Paris, DPE et DEVE, sont les mieux placés pour gérer une telle réalisation de façon économique, à condition de s’ouvrir à l’intelligence des pratiques d’écologie urbaine devenues urgentes et réclamées par les habitants, singulièrement le compostage collectif des biodéchets ménagers (avec collecte sélective en porte à porte au pied des immeubles volontaires) pour fabriquer l’humus dont la fertilité des sols a besoin.
    Une estimation raisonnable pour le nombre d’espaces de compostage de quartier à ouvrir est d’environ 30 sites pour Paris 13e seulement.

    Francis Vérillon, 75013
    Référent Compostage collectif pour CLCV-Paris

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