Edito n°2 – Résidents de la République

Edito n°2 – Résidents de la République

Au premier feuilletage de ce numéro, personne ne s’en rendra compte, c’est sûr. Même à nous, qui avons pensé et pesé ces sujets jusqu’à les connaître par cœur, cela nous a longtemps échappé. C’est quand nous avons été scotchés devant l’ensemble du magazine, accroché feuille à feuille sur un mur blanc, que sa tonalité s’est révélée. Partout, de la résistance. Partout, des poings serrés et rien qui ne se laisse dominer. Partout la bagarre de petits personnages de ce grand Paris. Comme rien n’a été prémédité, nous dirons que ce que l’air du temps recrache, nous l’avons simplement saisi. A Paris, avril a été marqué par le mouvement Nuit Debout. Nul besoin d’y adhérer pour admettre qu’il se passe quelque chose place de la République. Et dans les arrondissements à la ronde, théâtre des attentats de 2015, se sont ancrés des destins qui résistent à la terreur et à l’oubli.

De ce numéro émergent aussi les riverains du Bois Dormoy, dans le 18e, qui redoutent de perdre la douceur d’un printemps à portés de fenêtre ; les chanteurs de goguette, qui déclament leur rejet du mensonge, du fric, de l’injustice ; les musiciens des centres d’animation, qui refusent d’instruire modiquement ; les petits épiciers indépendants, qui tentent de se défendre face aux enseignes des grands groupes ; le cinéma du 16e, le dernier, qui tient bon. Et Didier Wampas, qui n’a pas le portefeuille de Manu Chao mais le capital grande gueule du mec qui fait du punk rock. Il y a dans ces histoires une dimension fortement romanesque, c’est pour ça qu’elles se retrouvent là.

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Par La rédaction

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